Aménagement des espaces larges
Par espace large, on entend les places, esplanades, vastes salles d’attente, mais aussi les trottoirs élargis ne présentant pas une organisation structurée des cheminements.
Sont également concernés les espaces, places et carrefours dans lesquels aboutissent un nombre important de portes ou de voies de circulation, spécialement lorsque le site n’est pas visible dans son ensemble (importantes différences de niveau ou masquage par terre-plein central ou monument).
Les non voyants et malvoyants se servent des repères :
- en hauteur : des murs et parois,
- au sol : des bordures, rebords, changements de texture ou de couleur des revêtements.
Ces repères constituent des lignes de guidage ; leur interruption pose problème : elles font souvent défaut lors de la traversée d’espaces très larges.
Des cheminements constitués de dalles au relief spécifique (striées, à plot, en caoutchouc) existent sur le marché et compensent l'absence des guides existants.
La nécessité de ces équipements spécifiques n’est pas discutée ; le mode de mise en œuvre, par contre, évolue.
La loi ne précise rien en matière de revêtement de sol spécifiquement adapté pour les non voyants et mal voyants.
Par contre, en ce qui concerne les objets débordants de plus de 20 cm de leur support tels que
- dévidoirs d’incendies (et par extension, les extincteurs) ;
- téléphones ;
- supports d’information et de publicité ;
- tablettes proéminentes (liste non limitative), etc.,
cet article précise que ces équipements doivent être pourvus d’un dispositif solide se prolongeant jusqu’au sol de façon à ce que les personnes non-voyantes/malvoyantes puissent détecter leur présence.
Il convient de privilégier l’utilisation des lignes guide existantes et de ne prévoir du matériel spécifique (relief, couleur) qu’en cas d’absence ou d’interruption de ces dernières.
Pour la disposition des lignes guide et dalles spéciales, il convient d’abord de penser au préalable à l’organisation de l’ensemble des équipements futurs.
On peut alors seulement :
- tracer les trajectoires fonctionnelles des déplacements ;
- placer le mobilier urbain de part et d’autre des cheminements ;
- adopter des mesures de délimitation (bornes amovibles par exemple), adaptables dans le temps et anticipant sur l’utilisation probable de l’espace par les commerçants (terrasses, tables, étals, coupe-vent et supports publicitaires, amovibles ou non).
On peut éviter la présence du dispositif se prolongeant au sol en plaçant ces matériels dans des alcôves et niches.
La tendance actuelle consiste à supprimer les lignes guides continues (revêtement contrasté ou dalles à relief) car les non-voyants/malvoyants connaissent le chemin habituel et n’auraient, comme aide nécessaire, que les dalles placées au droit des passages pour piétons et des arrêts des transports en commun avec quelques dalles striées initiant la direction du déplacement .
D’autres estiment qu’un supplément d’information ne nuit pas et facilite grandement les déplacements des personnes non-voyantes/malvoyantes peu habituées à ces lieux. Par ailleurs, ces cheminements guidés mènent directement aux passages protégés, ce dont se servent aussi les valides.
Nous sommes favorables à cette dernière position.
Il serait utile de systématiser l’utilisation des dalles à plot pour tout passage-piétons.
Les trajets peuvent être indiqués par un revêtement contrasté et/ou présentant une rugosité différente ou encore par des dalles présentant des stries disposées dans le sens de la marche.
