Personnes sourdes
Les personnes sourdes de naissance sont au nombre de 40 000 en Belgique, chiffre auquel il convient d’ajouter les surdités acquises. Ces dernières personnes ont donc eu connaissance du langage oral ; ce qui est une aide appréciable par rapport aux sourds de naissance.
L’appareillage ne peut parfois aider à la compréhension de la parole par le biais des vibrations osseuses.
Certains ont appris à lire sur les lèvres (lecture labiale) et à s’exprimer de façon orale. L’apprentissage de ce mode d’expression est problématique, surtout pour les surdités précoces car il faut reproduire des sons (par exemple en prenant comme repère les vibrations transmises par les os) sans repères auditifs et sans le maintien continuel de la correction par le milieu parlant.
D’autres utilisent le français signé. Ce code gestuel établit une correspondance entre les signes et les mots du français.
Troisième solution, le langage des signes (langue totalement hétérogène au français). En Communauté française de Belgique, sa reconnaissance comme langue officielle est acquise depuis le 21 octobre 2003. Cette langue des signes existait préalablement à son interdiction au 19ème siècle ; les spécialistes imposant l’oralisme malgré les difficultés d’acceptation de cette technique par les intéressés.
C’est donc la langue revendiquée par les sourds au même titre que les langues usuelles pratiquées dans le pays.
Etant donné les difficultés d’apprentissages déjà évoquées, tous ne pratiquent pas les langues véhiculaires tant sur le plan de la lecture que de l’écriture.
Le caractère de langue officielle récemment acquis implique en toute logique que le personnel d’accueil soient, à terme, formé.
On peut distinguer, par exemple et sans être exhaustif, trois niveaux de compétences ainsi que les formations correspondantes:
- le niveau de base autorisant les fonctions simplement d’accueil et d’orientation dans les services ;
- le niveau spécialisé autorisant la fonction d’accueil et d’orientation ainsi que le contact pour un service précis, spécifique du service : ce peut être la traduction d’un document, d’une procédure, une présentation de conférence, le commentaire d’une exposition, la visite d’un musée, etc..
- un niveau d’interprétation, supérieur à celui de la traduction et qui nécessaire dans les cas pointus (examens médicaux, accompagnement dans les problèmes judiciaires, procédures de conciliation, etc..).
Demandes
Une signalétique de type visuel (schémas et indications écrites) sera prévue.
Ces personnes exploitent au maximum leurs possibilités résiduaires, donc visuelles ; il importe dès lors de privilégier les aménagements qui ne limitent pas cette fonction en favorisant l’éclairement des circulations, accès et vecteurs de l’information ainsi que des volumes ouverts.
Exemple : pour que la personne sourde soit dans des conditions optimales de lecture labiale, il convient que le visage de l’interlocuteur soit bien éclairé.
Dans les lieux de grande fréquentation (administrations, hôpitaux), la présence d’une personne capable d’utiliser le langage de signes est un plus. En sus de sa fonction d’accueil, cette personne peut aider le visiteur auprès des personnels d’autres services le cas échéant et c’est à ce poste qu’une personne douée de cette compétence est la plus efficace.
Tous les dispositifs d'information sonore seront doublés d'un affichage visuel.
Tous les dispositifs d'alerte sonore sont doublés de signaux d'alerte visuels tels que clignotants et/ou flashs d'alerte.
Il semble cependant difficile de disposer, de façon permanente, de personnes pratiquant de façon nuancée cette langue et il serait utile de réfléchir à la création d’un service centralisé contactable via un système multimédia.
Une affiliation forfaitaire ou proportionnelle au temps d’utilisation permettrait de bénéficier d’un service professionnalisé « on-line », constant et de haut niveau.
Recommandations à l’usage des interlocuteurs
- Veiller à se trouver un local bien éclairé et à l’écart des bruits environnants.
- S’adresser à la personne plutôt qu’à son accompagnant, même s’il est interprète ou traducteur.
- Se présenter de face et attirer l’attention afin de maintenir un contact visuel constant.
- Ne pas fumer, mettre la main ou avoir un foulard devant la bouche ou manger en parlant.
- Préciser dès que possible le thème de la conversation.
- Exprimer une idée par phrase.
- Articuler sans exagération, ni trop vite, ni trop lentement.
- Laisser du temps pour les questions et compléments d’information.
- Si une phrase n’est pas comprise à répétition, la formuler avec d’autres mots.
- Penser aussi à la solution papier crayon.
- Les contacts à distance seront possibles via le fax, un téléphone acceptant les SMS, le courrier électronique.
